Présentations…

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Ce blog est tout jeune, aussi me suis-je dit que des présentations par tag interposé seraient une bonne manière de me « livrer » (ah ah) un peu plus. En tout cas je sais que j’ai apprécié de le lire ça et là sur des blog que je lis régulièrement! En voici donc plus sur ma relation avec les livres, entre autres…(avec en prime, une photo du site géothermal de Wai-O-Tapu, prise pas plus tard qu’aujourd’hui!)

Es-tu une acheteuse compulsive de livres ?

Oh que oui. Il m’est quasiment impossible d’approcher des livres sans ressentir le besoin d’en ramener un (ou plusieurs) avec moi. Plus j’y réfléchis, et plus je me dis que les livres doivent fonctionner chez moi comme une sorte d’armure – plus j’en aurai, mieux je comprendrai le genre humain, moins il m’atteindra. Quelque chose dans ce goût là.
De la poudre aux yeux cela dit: ça ne marche guère.

À quelle fréquence achètes-tu des livres ?

Très souvent! Il y a les livres « boulot » (thèse, cours, etc…), plus les livres « plaisir », ce qui tout ensemble, fait un bon paquet d’ouvrages! D’autant qu’en France (avant cette parenthèse d’un an en Nouvelle-Zélande), je passais pour ainsi dire toutes mes journées dans le quartier Latin à Paris. La tentation est immense! Depuis cette année, la rigueur est de mise: il faut que je rentre en juin avec moins de 30kg de bagages. Autant dire que je ne suis que frustration et anticipation (je crois même que je vais tromper l’attente en m’en faisant livrer à l’adresse de mes parents!).

As-tu une librairie favorite ?

Séquelle de mes années d’études, je reste une inconditionnelle de Gibert. On y trouve de tout, dans tous les domaines, les étagères croulent sous les livres, c’est immense, et la possibilité d’y glaner des ouvrages d’occasion soulage grandement le porte-monnaie! J’adore errer dans les étages, m’arrêter à chaque îlot, fouiller, tomber sur des choses que je n’aurais jamais pensé acheter…et repartir avec!

Fais-tu tes achats livresques seule ou accompagnée ?

Je préfère être seule, tout simplement parce que j’aime pouvoir prendre mon temps, et ne pas être interrompue dans ma flânerie.

Librairie ou achats sur le Net ?

Les deux mon général! Je réserve souvent le Net aux ouvrages théoriques ou épuisés difficiles à trouver et très chers (je suis une fana du site internet AbeBooks.com, mine inépuisable de bonnes affaires, toujours fiable et rapide!), et préfère les librairies pour tout le reste.

Vers quels types de livres te tournes-tu en premier ?

Les classiques. C’est drôle, plein de gens ayant fait des études de lettres ont vécu ces années de lecture de classiques forcées comme un pensum, en ce qui me concerne, je prends un plaisir fou à « quadriller » l’histoire littéraire par le biais de ses classiques. Je regrette malgré tout d’avoir si peu de temps pour la littérature contemporaine, que je connais très mal, et m’apparait donc comme « la grande inconnue ».

Préfères-tu les livres neufs, d’occasion ou les deux ?

Je ne crache évidemment pas sur les livres neufs, mais j’avoue avoir un penchant certain pour les livres d’occasion. J’aime savoir qu’ils ont appartenu à d’autres gens, qu’ils ont été rangés dans d’autres bibliothèques, qu’ils ont vécu d’autres histoires avant d’atterrir chez moi. Ce que je préfère, c’est y trouver des annotations. Des dédicaces, des mots griffonnés dans la marge, des passages soulignés. J’aime prendre quelques minutes pour tenter de reconstituer l’histoire de ces quelques mots, avant de replonger dans ma propre lecture. Sacrilège pour certains, je suis de ceux qui écrivent dans leurs livres, alors rien de tout cela ne me dérange.

Qu’aimes-tu dans le shopping livresque ?

Le plaisir de rentrer chez moi avec plein de nouveaux petits univers à explorer dans l’avenir?

Te fixes-tu une limite d’achat par mois ?

Pas vraiment, cela dépend de l’état global du compte en banque à l’instant T!

À combien s’élève ta wish-list ?

Aucune idée mais elle est sans limites!

Cite 3 livres que tu veux TOUT DE SUITE !

The Fat Black Woman de Grace Nichols

The Purple Cloud de M.P. Shiel

– et The Dharma Bums de Kerouac

Pré-commandes-tu tes livres ?

Non, j’avoue même que je n’y aurais jamais pensé…

Pourquoi un tel pseudo/nom de blog ?

Ah-ah! Il est tellement littéral qu’on le croit beaucoup plus compliqué. Alors qu’en fait…

Parles-nous de ton prof préféré.

Je ne citerai pas de nom, je suis devenue amie avec! Il s’agit d’un professeur de littérature anglo-saxonne que j’ai eu la chance d’avoir de la première année au M2, et qui a été un moteur incroyable, et une source d’inspiration sans bornes. Il connaissait tout ce que moi, en tant qu’étudiante, je désirais savoir, et il représentait, en tant qu’enseignant, l’enseignante que je voulais être. Nous sommes restés en contact lorsque je me suis installée à Paris, et nous sommes petit à petit devenus amis. Il a joué un rôle crucial dans tout un tas d’aspects de ma vie de jeune adulte, et c’est toujours une sorte de repère dans ma vie, à son niveau.

Parles-nous de ton premier concert.

Est-il vraiment essentiel de parler de Patrick Bruel ici?
Je ne crois pas! (j’étais jeune, mes parents m’ont embarquée…)

Quel est ton endroit préféré au monde ?

Le sommet d’une montagne, sans hésiter! De préférence haute, et difficile à gravir.

Un endroit que tu aimerais visiter ?

Cuba. L’Islande. L’Alaska. La Corse. Nous n’aurons pas assez de ce billet!

Parles-nous d’une chose qui te rend folle en ce moment.

L’imminence du premier semestre ici à Auckland, et la gestion des emplois du temps par l’administration (hum hum…)

Si tu pouvais posséder instantanément quelque chose, rien qu’en claquant des doigts, qu’est-ce que ce serait ?

Une centrifugeuse.
Ne cherchez pas, aucun rapport.

Qui tagues-tu ?

Je crois que tout le monde y est plus ou moins passé, malheureusement!

L’équation africaine – Yasmina Khadra (2011)

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Enfin du francophone! J’ai profité d’une visite de mes parents en territoire kiwi pour séquestrer les livres que ma mère avait apportés pour elle, et je me rends compte que lire en français me manque. J’adore lire en anglais, ça ne me demande pas plus d’effort, mais le français a su préserver un côté « loisir » que l’anglais ne possède malheureusement plus vraiment pour moi.

L’équation africaine est le deuxième roman que je lis de Yasmina Khadra, après Cousine K. Et depuis que j’ai refermé ce deuxième roman, je n’ai qu’une hâte: rentrer en France pour me procurer le reste de sa production littéraire, et la dévorer.

Ce livre a pourtant commencé par me hérisser le poil. La langue du premier chapitre m’a semblé d’une artificialité irritante, avec son alternance de langue « parlée » et de langue « littéraire » à la limite du ridicule. Les phrases étaient trop travaillées, manquaient de naturel, de fluidité, contrastaient de façon ingrate avec cette autre langue « de tous les jours ». Bref, j’avais l’impression de retomber sur de vieux poèmes écrits à l’adolescence, lorsque je croyais encore que la poésie, ce n’était que de beaux mots un peu sibyllins mis à la suite les uns des autres.

Et à partir du deuxième chapitre, tout a basculé. La langue, en même temps que l’histoire. Elle est soudainement devenue juste, vraie, subtile, sans pitié, magnifique. J’étais conquise.

L’histoire de ce médecin allemand, écrasé de douleur à la suite du suicide de son épouse adorée, et qui se fait enlever par des pirates au large de la Somalie et découvre alors le vrai visage de l’horreur a vraiment résonné en moi. Le roman, d’ailleurs, n’est pas sans rappeler Heart of Darkness de Joseph Conrad. Le héros de Conrad se nomme Kurtz, celui de Khadra, Kurt. Tous deux font l’expérience de ce qu’il y a de pire dans l’humain: la bestialité, l’inhumanité, l’arbitraire de la violence, l’incapacité de reconnaître l’Autre, qui n’est après tout que le reflet de sa propre barbarie.

La question revient, en permanence. Qui est la victime, qui est le bourreau? Cette distinction n’est-elle pas une question de référents, de culture? Qu’est ce qui fait de nous un homme, ou un monstre? Et qui a le droit de dicter les règles du jeu, dans cette terre de non-droit qu’est l’Afrique telle que la dépeint Khadra?

Les réponses sont tellement plus compliquées qu’il n’y paraît de prime abord…

Mirror, Mirror: A history of the human love affair with reflection – Mark Pendergrast (2003)

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Quel ouvrage! Long et parfois un peu compliqué pour qui n’est pas versé en physique (moi par exemple), c’est cependant une source incroyable d’anecdotes toutes plus sympathiques les unes que les autres.

Saviez-vous que la fille de Graham Bell avait failli s’appeler « Photophone »? (véto de madame Bell, heureusement!)

Qu’un nombre phénoménal d’astronomes est devenu aveugle en essayant de regarder le soleil à l’oeil nu?

Que dans les années 1930, une femme utilisait en moyenne 500 grammes de poudre pour le visage par an?

Depuis l’Antiquité et les miroirs en obsidienne polie à nos jours où le miroir est partout, dans nos maisons, dans les rues, Mark Pendergrast nous fait voyager dans le temps. Tout le monde y passe! Les égyptiens qui en plaçaient dans les tombes des défunts afin d’aider l’âme à voyager, les Aztèques et leur dieu Tezcatlipoca dont l’un des pieds était en fait un miroir, les Grecs qui s’en servaient parfois à des fins plus sensuelles et érotiques.

Le miroir servait à contempler son âme, croyait-on, jusqu’à ce qu’au Moyen Age, ce même miroir ne devienne une porte sur l’autre monde, le monde des démons et des forces maléfiques (beaucoup de gens portaient des miroirs dans le dos, afin de faire fuir un démon qui en approchant sa victime, serait effrayé par son propre reflet). Il ne faudra pas longtemps avant de voir apparaître la catoptromancie, la divination dans les miroirs, qui sera par la suite considérée comme hérésie et très lourdement punie.

Avec l’avènement de la science, les grands noms de l’optique apparaissent: Archimède, Alhacen, John Dee, Galilée, Newton, Descartes, William Hershel, Hale et Ritchey. On ne manque pas non plus de faire un détour par les arts, et les progrès que le miroir a permis de faire, surtout en terme de perspective avec Brunelleschi, Jan Van Eyck, Léonard de Vinci.

La photographie, les télescopes, les rayons X, le kaléidoscope, le radar, l’utilité du miroir est sans fin, et Mark Pendergrast nous offre une odyssée incroyable à travers les temps, à la recherche du miroir parfait, du miroir le plus grand, pour percer les mystères de la création, et comprendre, un peu mieux, qui nous sommes.

(Pas de traduction française à ma connaissance)