Art and Affection: a life of Virginia Woolf – Panthea Reid (1996)

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Je suis tellement emballée par le Challenge Virginia Woolf de Lou que je n’ai pas résisté bien longtemps! Ne sachant pas quelle oeuvre j’allais choisir en premier, je me suis dit que la lecture d’une biographie m’aiderait sûrement à y voir plus clair (pas vraiment en réalité, j’ai envie de tout lire ou relire à présent).

J’ai fait mon choix un petit peu au hasard, en flânant devant les différentes biographies de Woolf que proposait la bibliothèque de l’Université d’Auckland. Et j’ai finalement opté pour un ouvrage qui orientait son projet autour du rapport de réciprocité qui existait entre l’entourage proche de Virginia Woolf et son travail, entre ses relations affectives et sa production artistique (et vice-versa). Une bonne façon de comprendre la genèse et les enjeux émotionnels ainsi qu’artistiques de chaque oeuvre, me suis-je dit.

J’avais cependant peur que l’accent mis sur le côté «art & affection», sur le côté indissociable des deux, ne soit un peu réducteur. J’ai toujours été fermement opposée aux lectures «biographiques» des oeuvres, quelles qu’elles soient.  Tout comme aux lectures «psychologisantes», par ailleurs (pour citer un exemple plus qu’à propos, le professeur avec qui j’avais étudié To the Lighthouse en 2ème année de fac, avait réduit l’image du phare à une simple image phallique. Bonjour les raccourcis stériles -parce qu’une fois qu’on a dit ça, cela nous mène où? – surtout quand on sait que Woolf n’a lu Freud que très tardivement, et en amateur…).

Heureusement, il n’en était rien. Pas de mièvrerie, pas d’intrusion excessive de la psychologie de Woolf dans ses oeuvres, j’ai dévoré cet énorme pavé en à peine cinq jours.

C’est drôle, je suis partagée entre l’envie de m’exclamer «quelle vie!», et à la fois «quelle vie normale!». C’est peut-être une des choses que je regrette à propos de cette biographie en particulier: à force de ne voir Virginia Woolf que dans son quotidien «familial» et «amical», on oublie totalement la personne publique, l’intellectuelle courtisée et admirée. J’aurais aimé pouvoir la voir sous cet angle également.

L’avantage, en revanche, aura été de rendre humain cet espèce de monstre de la littérature. Depuis toujours, elle avait été pour moi l’auteur secret de ces romans un peu cryptiques, durs à approcher, à étudier, à disséquer; un génie un peu lointain et un peu sacré dont on ne sait pas grand chose, si ce n’est que c’est un grand auteur, et qu’elle a mis fin à ses jours (et là-dessus, le film The Hours n’est pas d’une grande aide, puisqu’il bouleverse totalement la biographie de Woolf). Ainsi, plonger de façon aussi impudique dans ses rapports ambigus et conflictuels avec sa soeur Vanessa Bell, prendre la mesure de son amitié avec le peintre et intellectuel Roger Fry et l’influence de celui-ci dans le projet littéraire de Virginia Woolf, découvrir sa relation passionnelle avec Vita Sackville-West, admirer profondément la beauté de l’amour qui unissait l’écrivain à Leonard Woolf, sonder les profondeurs de sa dépression; tout ceci recrée l’image d’une vie incroyablement riche en triomphes, en douleurs, en doutes, en bonheurs et en désillusions.

Mais surtout, cela ouvre une porte d’entrée privilégiée sur une oeuvre aussi conséquente qu’admirable, aussi sombre que lumineuse, aussi complexe que stimulante.

(Pas de traduction française)

Biographie lue dans le cadre du Challenge Virginia Woolf

virginia-woolf-challenge-my-lou-book

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2 réflexions sur “Art and Affection: a life of Virginia Woolf – Panthea Reid (1996)

  1. Merci pour ce très beau billet ! Je commence ma semaine avec une ouverture passionnante sur un livre que je ne connaissais pas du tout (avant de partir au boulot, je suis devant un mug « lie back and think of England » en train de prendre un thé et de manger le dernier scone de Mr Lou). J’ai tendance à voir Woolf de la même façon que toi, à craindre aussi les approches psychologiques (le phare me rappelle un prof du lycée qui dans la description d’un potager voyait quelque chose de très sexuel dans la présence de poireaux à côté de choux ou je ne sais plus quel légume)… in fine ton billet donne vraiment très envie de découvrir cette biographie que je ne note précieusement ! Pour ma part je tarde à faire mon billet sur « Lundi ou Mardi », billet un peu difficile à faire je trouve en raison de la variété de ces textes souvent assez abstraits.

    • Lou: effectivement, tu n’as pas pris le plus facile à chroniquer! J’ai hâte de lire ce que tu en as pensé, je ne connais pas du tout ces textes. Encore une fois, merci pour ce challenge plus que stimulant, j’ai hâte de commencer la suite et de lire les billets des autres participant(e)s! A très vite!

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