The Europeans – Henry James (1878)

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A force de voir ici des photos de livres qui ont l’air d’avoir 3500 ans, vous allez finir par croire que je vis dans un manoir plein de toiles d’araignées, entourée d’éditions antédiluviennes! Rassurez-vous, il s’agit d’emprunts à la bibliothèque de la fac d’Auckland qui (j’imagine, pour les faire durer plus longtemps), se procure surtout des éditions à la couverture cartonnée  (et donc moches et vieillottes). Rien à voir, donc, avec mes goûts personnels!

J’ai passé quelques petites heures en compagnie de Henry James avec ce court roman, moi qui n’avais jusqu’ici lu de lui que The Turn of the Screw (absolument flippant) et The Aspern Papers (absolument génial) au début de mes études d’anglais. Et encore une fois, j’ai été séduite.

Eugenia et son frère Felix débarquent un beau jour à Boston de leur Europe natale, avec l’intention de faire la connaissance de cette branche américaine de la famille. Même si, pour être tout à fait honnête, il ne s’agit pas seulement pour Eugenia de faire « connaissance » avec ces américains, mais bel et bien de faire une union profitable, financièrement parlant.

Ces deux européens exubérants, insolents et impudiques contrastent fortement avec le puritanisme d’une Amérique encore toute jeune, où l’austérité et le déni du plaisir et de l’accessoire sont de mise. De plus, leurs moeurs frôlent le scandale, entre la passion de Felix pour la composition de portraits (quelle vanité! quelle frivolité!), et le sombre passé d’Eugenia, mariée à un Prince allemand qui l’aurait répudiée. L’arrivée de ces deux individus dans une société lisse et policée, terne et sans éclats, est véritablement un événement perturbateur. La bienséance veut bien sûr que l’on accueille ses proches les bras ouverts, mais est-il seulement possible de frayer avec ces excentriques dont on ne sait trop rien de la morale, sans risque d’entacher sa propre réputation?

De leur côté, Felix et Eugenia abordent de façon totalement différente leur conquête du Nouveau Monde. Felix, un optimiste converti heureux de se frotter à ces différences culturelles, ne semble pas percevoir ce qui sépare fondamentalement l’Europe de l’Amérique, et ne tarde pas à tomber éperdument amoureux de sa cousine Gertrude, une jeune femme fougueuse que le puritanisme a trop longtemps frustrée, et qui se révèle avec la venue de ses cousins.

Eugenia, elle, complote et manipule, ment et se fait tentatrice, dans l’espoir de faire un bon mariage. Son filet de sécurité étant bien sûr, qu’elle n’a pas signé les papiers du divorce d’avec son Prince de mari…Mais malheureusement, Eugenia ne parvient pas à s’adapter à son nouvel environnement. Tout est trop terne, trop fade, trop tiède, et manque cruellement du flamboiement et de la vitalité propre à l’Europe.

Henry James confronte ici deux mondes que tout oppose et que rien (si ce n’est le talent de l’artiste, que ce soit Felix ou James lui-même) ne parvient à réconcilier. C’est un témoignage, peut-être fictif mais que j’imagine relativement fidèle, des différences fondamentales entre la « vieille Europe » et cette nation toute neuve qu’était l’Amérique à l’époque.

Et James est encore une fois le maître incontesté du malaise, du doute, de la suspicion et presque, d’une certaine anxiété.

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10 réflexions sur “The Europeans – Henry James (1878)

  1. Je l’ai dans ma PAL depuis un moment. Henry James aime toujours comparer l’Europe à la nouvelle Amérique. C’est un auteur que j’apprécie tout particulièrement.

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