I know why the caged bird sings – Maya Angelou (1969)

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Une semaine pour lire un livre de 300 pages, quelle honte!  Ledit livre n’est pas en faute, loin de là, mais je croule tellement sous le travail en ce moment qu’arrivé 10 heures du soir, je m’endors comme une masse sans même avoir le courage de lire quelques pages. Vivement la fin de l’année universitaire, que je puisse reprendre mon rythme endiablé de lecture!

Après avoir découvert La Couleur Pourpre d’Alice Walker il y a quelques semaines de cela, j’ai continué mon exploration de la littérature féminine afro-américaine en choisissant l’ouvrage acclamé de Maya Angelou, son autobiographie I know why the caged bird sings.

Dans cette autobiographie, nous suivons la petite Maya (Madeleine, de son vrai prénom), depuis sa prime jeunesse lorsqu’à 3 ans, son frère aîné et elle sont abandonnés par leurs parents, et envoyés chez une tante en Arkansas. La petite fille grandit alors dans un état du sud des Etats-Unis, et comme dans tous les états du sud, la ségrégation et le racisme sont un état de fait. Méprisés et humiliés par les blancs, chassés et lynchés dès qu’une femme blanche accuse un homme noir d’avoir eu un comportement déplacé, Maya et ses proches font l’expérience d’une haine d’autant plus incompréhensible qu’ils n’ont jamais rien fait aux blancs pour être haïs de la sorte…Si sa tante se réfugie dans une digne bigoterie, Maya et son frère préfèrent le monde des livres, dans lequel ils passent des heures entières.

Souffrant d’avoir été abandonnés, leur monde bascule le jour où leur père vient les chercher, pour les ramener dans le Missouri, à leur mère, de qui il est séparé. Les enfants n’en croient pas leurs yeux, et l’excitation est mêlée de méfiance: et s’ils n’étaient pas assez bien pour cette mère qui, après tout, les a déjà abandonnés une fois? Cette angoisse se trouve confirmée le jour où la petite Maya, âgée de huit ans, est violée par le compagnon de sa mère. Sans explication, les enfants sont renvoyés en Arkansas.

Nous suivons ainsi la vie de Maya, jusqu’à ses dix-sept ans, où elle donne la vie à un petit garçon. Après quelques années en Arkansas, la narratrice et son frère retournent enfin chez leur mère, en Californie, pour de bon. Malgré le traumatisme du double abandon, du viol, et de la ségrégation, nous assistons à l’éclosion d’une jeune fille brillante, propulsée de son petit village du sud des Etats-Unis en Californie, alors en pleine mutation. La seconde guerre mondiale, la prise de pouvoir progressive des descendants d’anciens esclaves, l’éducation des noirs américains, ce roman est bien loin d’être un ouvrage geignard et sinistre. L’histoire personnelle de Maya se mêle à l’Histoire avec un grand -h, l’Histoire de tous les noirs américains, fustigés et mis au ban de la société et qui, petit à petit, tout (trop) doucement, prennent une revanche sur cette vie qui ne leur offre pas grand chose.

C’étais rétrospectivement une très bonne idée de lire les ouvrages d’Alice Walker et de Maya Angelou presque en parallèle. Car même si l’histoire est bien sûr différente, il est indéniable que d’énormes points communs existent entre ces deux romans. Notamment, celui de témoigner d’une détermination incroyable, et d’une prise de pouvoir par les mots et le savoir tout à fait salvatrice.

(Titre français: Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage)

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10 réflexions sur “I know why the caged bird sings – Maya Angelou (1969)

  1. Et bien c’est une femme qui revient sur beaucoup des sites ou blogs américains que je lis mais jamais je n’avais su l’enfance et l’adolescence qu’elle avait eue. Si triste et éprouvante, malheureusement un cas si peu isolé…
    Je ne l’ai jamais encore lue mais elle fait partie de ces grandes femmes et de ces grands auteurs noirs que je veux et vais découvrir!
    (et tes billets m’avaient manqué ;D)

  2. Je viens de faire quelques menues recherches qui m’ont conduites, en fin de compte, sur Am****. « The Collected Autobiographies of Maya Angelou », oui, parce qu’elle en a écrit 6 en tout et là elles sont regroupées ; les commentaires de lecteurs passionnés et connaissant l’oeuvre de cette grande dame sont plus qu’enthousiastes.
    Je le commanderai chez mon libraire très bientôt! (et apparemment il y a eu un film de « I know… » dont elle a écrit le scénario et aussi un livre pour enfant traitant d’une partie du livre, son amitié avec Mrs Flowers… bref il y a de quoi faire pour mes enfants et moi)

    • Ah, intéressant tout ça!! Je savais qu’elle avait écrit plusieurs bios mais pas qu’un film avait été tiré de ce roman. Et pour le livre pour enfants, c’est vrai que ce passage avec Mrs Flowers s’y prête bien! Il faudra que je continue à explorer son oeuvre!

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