Tales of the Wide Caribbean – Jean Rhys (1985)

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Tales of the Wide Caribbean n’est pas un recueil inédit de Jean Rhys, mais un recueil réunissant toutes ses nouvelles traitant des Antilles. Grâce à ma thèse, je commence tout de même à « pas mal » connaître Jean Rhys, et je dois admettre une très nette préférence pour ses écrits caribbéen, par rapport à  ses écrits européens.

Sa façon de décrire l’exotisme de ces îles m’avait coupé le souffle, lorsqu’il y a quelques années, j’avais découvert Wide Sargasso Sea à l’université. C’est un mélange de paradis sur terre, avec cette nature luxuriante qui regorge de fleurs immenses, colorées et capiteuses, de fruits mûrs et juteux, le tout entouré par des eaux au bleu profond et limpide. Mais les Caraïbes chez Jean Rhys sont aussi vénéneuses, sombres et dangereuses. Cette même nature devient menaçante, peu propice à la vie, tant elle est chaude, humide, drue, inhospitalière, propice à reprendre constamment ses droits. La nature devient magique car elle se mêle aux croyances des multiples ethnies qui s’y côtoient. Les indiens Caribes, les noirs descendants d’esclaves, les mulâtres, les blancs, tous croient en une religion qui se fait décor de la vie dans ces îles. Les zombies, les fameux « soucriants » (sorte de vampires féminins voleurs d’âmes) sont partout, dans toutes les bouches, dans tous les regards.

Qui plus est, ces nouvelles antillaises mettent aussi en scène des thèmes passionnants comme la cohabitation de ces mêmes ethnies, les relations blancs/noirs, les relations hommes/femmes, les relations entre les enfants et les adultes. On découvre la difficulté d’être une jeune créole qui porte le poids d’une histoire tragique et découvre les codes d’une société extrêmement complexe, bien souvent à des dépens et au prix de terribles désillusions.

Ou bien, on y lit la difficulté d’être une jeune créole vivant dans la métropole, perdue dans un quotidien londonien, victime des idées toutes faites sur ces britanniques pas tout à fait britanniques puisqu’originaires des colonies, et souffrant de devoir s’adapter à un quotidien si rigide et si cruel.

Ce recueil réunit des nouvelles fabuleuses: « Pioneers, Oh, Pioneers », « Mixing Cocktails », « Temps Perdi », « Let them call it Jazz », et sont toutes de beaux témoignages des problématiques auxquelles se confrontent les artistes qui possèdent, de facto, une identité plurielle et parfois extrêmement conflictuelle.

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