Waiting for the Barbarians – J.M. Coetzee (1980)

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Je suis en train de me prendre d’une passion dévorante pour les romans de J.M. Coetzee, et j’ai bien l’intention de me procurer d’autres écrits sous peu pour continuer à découvrir le travail de cet auteur formidable.

Après Foe que j’ai lu cet été, j’ai cette-fois ci jeté mon dévolu sur Waiting for the Barbarians. Rien que le titre me faisait envie, en grande amatrice que je suis de la question de l’Autre… Et à vrai dire, je ne m’attendais pas à prendre un tel coup de poing dans le ventre. J’ai tourné la dernière page avec les tripes nouées, une vague sensation de dégout, et l’assurance d’avoir vécu un grand moment de lecture.

Le narrateur, dont nous ne connaissons pas le nom, est depuis quelques décennies magistrat d’une petite ville coloniale quelque part à la frontière de « l’Empire ». Aucun lieu géographique précis, aucun nom, ceci pourrait avoir lieu partout. Il vit une existence paisible, gérant les affaires de la ville, visitant régulièrement sa favorite au bordel du coin. Et surtout, il ne croit pas le Troisième Bureau, l’instance supérieure qui régit les affaires de l’Empire, persuadé que les Barbares s’apprêtent à envahir. Lorsque celui-ci envoie dans la petite ville du magistrat des soldats chargés de mener des missions de reconnaissance, la paix a tôt fait d’être remplacée par la plus froide et la plus imbécile des barbaries.

Raids, expéditions punitives (pour punir de quoi? personne n’a envahi!), les fameux « barbares » sont capturés, massacrés, torturés pour leur soutirer des aveux. Vont-ils, oui ou non, attaquer l’Empire? Que la réponse soit oui ou non, le sang coule, sans relâche. Et le magistrat, qui jusqu’ici représentait cette autorité impériale sans jamais se poser de questions, prend subitement le parti des opprimés, des Autres. Devenu lui aussi persona non grata, ennemi de l’empire, il va connaître le même sort que les barbares, sera traité en animal, brisé, annihilé.

Y a t-il vraiment lieu de lutter lorsqu’on sait qu’on ne peut pas gagner?

Ce roman brosse un portrait terrifiant du concept d’Empire, et de ses dérives. Evidemment, la frontière se brouille entre les barbares et les justes. Qui est le barbare? Sûrement pas celui que l’on désigne comme tel, ou alors, sur quelle échelle de valeur? Peut-on, même lorsqu’on est le mieux disposé du monde, franchir ce fossé gigantesque entre soi et l’autre? Peut-on se comprendre, communiquer? La réponse de Coetzee n’est pas des plus optimistes, mais elle est magistrale.

(Titre français: En attendant les barbares)

Roman lu dans le cadre du challenge Littérature du Commonwealth.

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