Fire on the Mountain – Anita Desai (1977)

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Voilà deux semaines que ce blog hiberne (et moi aussi en quelque sorte!), mais je préparais ma toute première participation à un colloque international et j’étais bien trop stressée et prise par le travail pour me concentrer sur d’autres lectures que les lectures « boulot ». Croyez-le, j’ai avalé une quantité phénoménale d’ouvrages, mais peu ont leur place en ces lieux! Me voilà donc de retour, et même si je dois dès maintenant me mettre à préparer le prochain colloque, je devrais être plus libre de lire ce que je veux, au moins pendant quelque temps…

Je n’ai aucune envie de lire de longues choses pour le moment, il me faut du court, du rapide, peu d’efforts à fournir (la surchauffe me guetterait-elle?), et j’ai donc jeté mon dévolu sur l’une des premières oeuvres d’Anita Desai, auteur que j’aime énormément et dont je ne me lasse pas de découvrir les écrits.

Nanda Kaul est une arrière-grand-mère qui vit recluse dans une petite bâtisse appelée Carignano, perdue au milieu des montagnes de Kasauli au nord de l’Inde. Après une vie consacrée aux autres, à son époux universitaire, à ses enfants exigeants, à ses petits enfants, Nanda a décidé de se couper du monde et ne souhaite plus entendre parler de qui que ce soit. Lorsqu’une lettre arrive ou que le téléphone sonne, c’est une véritable souffrance pour Nanda Kaul, qui ne supporte plus la dépendance d’autrui. Mais un beau jour, sa fille lui écrit. Sa fille à elle est souffrante, et ne peut s’occuper de sa propre fille, Raka. Cette dernière, d’ailleurs, vient d’être gravement malade, et le grand air de la montagne lui ferait le plus grand bien.

Raka arrive donc à Carignano, et se présente pour Nanda Kaul comme une véritable intruse. D’abord, la vieille femme ne la connaît quasiment pas, et puis Raka est une petite créature étrange, maigrelette, sauvage, mutique, qui préfère passer ses journées à escalader les montagnes plutôt que la compagnie de son arrière-grand-mère. Ceci n’est pas pour déplaire à Nanda Kaul, du moins au début. Car elle se rend vite compte des similitudes qui existent entre son arrière-petit-fille et elle-même. Est-il possible d’être si semblables et de ne créer aucun lien? Et comment se frayer un chemin jusqu’au coeur de cette enfant qui ne semble même pas habiter le même monde?

Raka, elle, s’acclimate bien vite à ces montagnes sauvages. Les genoux et les mains perpétuellement en sang, elle escalade la montagne pour aller observer ce qui la fascine de façon indicible: le ravin dans lequel l’usine Pasteur, à quelques encablures de là, jette les dépouilles des animaux sur lesquels elle conduit ses expériences contre la rage. Le ravin serait, soit-disant, rempli de cadavres sanglants, d’organes en bouillie, et de chacals enragés venus dévorer les restes des bêtes. Raka développe une fascination pour le morbide, pour la destruction. À la saison où les incendies font rage dans cette montagne sèche et isolée, Raka attend fièvreusement d’assister au spectacle des flammes qui lèchent ses flancs. Jusqu’à ce que la tragédie se mettre en marche, inéluctable.

Ce n’est pas le meilleur roman que j’aie lu d’Anita Desai, même si je dois avouer avoir été séduite par les descriptions extrêmement sensuelles des lieux, de la nature luxuriante et des sentiments. Le personnage de Raka est lui aussi absolument fascinant. Le malsain chez les enfants marche toujours extrêmement bien chez moi (ça me fiche les jetons, à un point!) et cette petite en est un concentré qui fait frémir. A tel point que l’on aurait presque souhaité qu’elle le soit encore davantage…!

Roman lu dans le cadre du challenge Littérature du Commonwealth.

(Ce roman n’est à ma connaissance pas traduit en français)

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Une réflexion sur “Fire on the Mountain – Anita Desai (1977)

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