The Lord of the Flies – William Golding (1954)

photo-25

L’ennui mortel. Cela fait des semaines que je traîne ce roman comme un véritable boulet, avec pour seule envie celle de venir à bout de ses 200 misérables pages. Je ne parviens pas à me souvenir d’un autre roman qu’il m’aurait autant coûté de terminer. Pourtant considéré comme un grand classique, je m’attendais évidemment à prendre beaucoup de plaisir lors de cette lecture, mais la sauce n’a pas du tout pris avec moi…

Un avion de jeunes garçons s’écrase sur une île déserte. Et si, dans les premiers temps, une vraie petite société hiérarchisée parvient à s’organiser autour du charismatique Ralph, les enfants ne tardent pas à revenir progressivement à l’état sauvage. De petite tribu parfaitement organisée autour des chasseurs, des préposés au feu, le groupe d’enfants se scinde pour opposer deux clans, dont l’un -celui des chasseurs- devenu sanguinaire et dangereux. Les pires travers resurgissent: la cruauté, l’ignorance, la barbarie, le fanatisme, et tout ceci se concentre et se cristallise autour de la vénération de ladite Majesté des Mouches, une tête de truie coupée autour de laquelle les insectes s’agglutinent.

Évidemment ce texte n’est pas sans intérêt. Écrit moins de dix ans après la fin de la seconde Guerre Mondiale, j’imagine bien qu’il s’agit d’une réflexion autour de la barbarie humaine et de sa capacité à détruire ses semblables et ceux qu’il a jadis estimé. C’est un roman très sombre, très angoissant, qui donne l’impression d’être soi-même sale et ceci m’a beaucoup déplu. Le fait que les personnages soient de jeunes enfants y est évidemment pour beaucoup, d’autant que rien ne leur est épargné…Le style m’a également posé problème, il n’est pas parvenu à retenir mon attention et j’étais souvent bien incapable de lire plus de 5 pages à la fois, car je finissais par ne plus rien comprendre de ce qu’il s’y passait.

Un rendez-vous bien manqué…

(Titre français: Sa Majesté des Mouches)

Hellraiser – Clive Barker (1986)

photo 1-2

Je ne lis pour ainsi dire jamais de romans fantastiques, et je lis encore moins de livres en anglais traduits en VF. Une fois n’est pas coutume, ce court roman est tombé entre mes mains un samedi matin très tôt, et je crois qu’il ne m’a pas fallu plus d’une heure pour en venir à bout.

Je connaissais Clive Barker, mais je le connaissais surtout sous sa casquette de plasticien et dessinateur. Une amie, fana, m’avait prêté un ouvrage sur lui (et s’était fait tatouer une de ses horribles créatures sur le mollet, d’où mon intérêt pour un homme dont les créations se retrouvent encrées sur le corps des gens), et j’avais été assez mal à l’aise, il faut bien le dire. L’univers de Clive Barker est très noir, très malsain, inspiré de serial killers, de meurtres épouvantables. Et il est donc surtout connu pour avoir écrit ce qu’il allait ensuite réaliser pour en faire un célèbre film d’horreur: Hellraiser.

Frank a acheté au Maroc une mystérieuse boîte censée ouvrir un portail vers un monde parallèle, où réside le peuple des Cénobites. Après des années de recherches, il parvient à l’ouvrir et fait donc la connaissance de ces monstrueuses créatures au physique décharné et à la chair déchiquetée, dont on dit qu’elles peuvent faire connaître le plaisir le plus pur, celui qui frôle en permanence la douleur la plus terrible. Mais l’expérience tourne mal, et Frank se retrouve piégé à l’endroit où il a ouvert la boîte, la maison où il a grandi.

Son frère, Rory, sans nouvelles de son voyageur et hédoniste de frère, décide de s’installer avec sa femme Julia dans ladite maison d’enfance. Le couple ne va pas fort, et pour cause: Julia a eu une aventure avec Frank, dont elle est amoureuse. Décidée à cacher cela à son mari, elle tente de se concentrer sur cet emménagement. Mais l’une des pièces de la maison lui cause un étrange malaise, et un jour où son époux Rory s’y blesse et y perd du sang, elle réalise que l’essence de Frank est piégée dans la pièce, sous une forme « desséchées » par les sévices des Cénobites. Julia décide donc de l’aider, en lui procurant des victimes dont il pourra se nourrir pour retrouver sa forme humaine…

Inutile de préciser que ce roman est absolument écoeurant, mais au delà de ça, il est tout de même dénué d’intérêt…C’est à dire que si l’idée de base est intéressante, on ne nous donne aucune véritable information ou description à propos de ces Cénobites, ce qui est bien dommage dans la mesure où c’est tout de même la seule chose d’intérêt du roman! On ne sait pas qui il sont, ce qu’ils font, ce qu’ils veulent, pourquoi il torturent les humains, quelle est la finalité de tout cela…C’est vraiment dommage. Quant à l’écriture, hum. Je ne suis pas certaine que Clive Barker soit au top dans le rôle d’écrivain…

An Angel at my Table – Janet Frame (1982-1984)

photo-24

Bien que je continue à lire autant que d’habitude, le temps me manque dès qu’il s’agit d’en parler sur mon blog. À mon grand regret! Ces mois de novembre et décembre ont été pour le moins chargés en travail, et ce n’est pas près de se calmer. Mais comme le dit si bien ma grand-mère: « ne te plains pas, tu te reposeras quand tu seras morte! » (que répondre à ça?).

Il y a quelques semaines, je me suis donc plongée avec délice dans l’autobiographie d’un de mes auteurs fétiches, Janet Frame. Initialement divisée en 3 romans (To the Is-land, An Angel at my Table et The Envoy from Mirror City), ceux-ci ont été réunis sous le titre An Angel at my Table pour former une oeuvre unique, et fabuleuse. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à lire des biographies et autobiographies, je trouve fascinant le fait d’avoir accès à des petites choses de la vie de nos auteurs favoris, de voir ce qu’il y a derrière tout ce génie. Et bien souvent, ce sont des choses tout à fait normales, banales, mais toujours teintées d’une sorte de poésie…

L’autobiographie de Janet Frame ne déroge pas à la règle. Écrasante de banalité, sa vie comporte pourtant un charme et une particularité incroyables. Son enfance dans la petite ville néo-zélandaise d’Oamaru, qu’elle appelle « my kingdom by the sea », repère ultime et idéal littéraire puisque c’est cette vie normale, banale, que Janet Frame veut mettre dans ses oeuvres. On y lit son enfance, les animaux adoptés, noyés, l’école, la découverte de la poésie et la certitude, toute jeune, qu’elle deviendrait poète. Les années se succèdent, dans une misère ambiante, mais l’amour est bien présent, malgré les difficultés. Un frère épileptique, une soeur aînée qui se noie à la suite d’un problème au coeur, et des années plus tard, une deuxième soeur qui périt exactement de la même façon.

Janet, à la suite d’une dépression, se fait interner. Le diagnostique est sans appel: elle souffre de schizophrénie. Pourtant, elle n’y croit pas. Elle lit beaucoup sur le sujet, en feint les symptômes, puisqu’enfin, la maladie l’aide à s’identifier, à être quelque chose de défini. Plusieurs années après, quelques jours avant une lobotomie, une prix littéraire décerné à son recueil The Lagoon la sauve de l’hôpital psychiatrique. À l’aide d’une bourse, elle part plusieurs années en Europe; en Angleterre, aux Canaries, en Andorre. Elle y découvre la liberté, de vivre, d’écrire. L’amour aussi, et puis la certitude qu’elle ne doit rien faire d’autre qu’écrire, toujours écrire.

L’autobiographie de Janet Frame est une ode à la liberté, qu’elle a tant désirée et si farouchement défendue, tant sa vie toute entière en dépendait. C’est une vie de solitude, à l’autre bout du monde, au milieu de l’Océan Pacifique, à écrire inlassablement. L’oeuvre a été adaptée en film par Jane Campion, dont je ne suis pas très très fan, mais je pense que je ne vais pas tarder à me la procurer malgré tout, histoire de prolonger un peu le plaisir de cette magnifique lecture…

(Titre français: Un Ange à ma Table)

Roman lu dans le cadre du challenge Littérature du Commonwealth.

logo-challenge-littc3a9rature-culture-du-commonwealth