An Angel at my Table – Janet Frame (1982-1984)

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Bien que je continue à lire autant que d’habitude, le temps me manque dès qu’il s’agit d’en parler sur mon blog. À mon grand regret! Ces mois de novembre et décembre ont été pour le moins chargés en travail, et ce n’est pas près de se calmer. Mais comme le dit si bien ma grand-mère: « ne te plains pas, tu te reposeras quand tu seras morte! » (que répondre à ça?).

Il y a quelques semaines, je me suis donc plongée avec délice dans l’autobiographie d’un de mes auteurs fétiches, Janet Frame. Initialement divisée en 3 romans (To the Is-land, An Angel at my Table et The Envoy from Mirror City), ceux-ci ont été réunis sous le titre An Angel at my Table pour former une oeuvre unique, et fabuleuse. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à lire des biographies et autobiographies, je trouve fascinant le fait d’avoir accès à des petites choses de la vie de nos auteurs favoris, de voir ce qu’il y a derrière tout ce génie. Et bien souvent, ce sont des choses tout à fait normales, banales, mais toujours teintées d’une sorte de poésie…

L’autobiographie de Janet Frame ne déroge pas à la règle. Écrasante de banalité, sa vie comporte pourtant un charme et une particularité incroyables. Son enfance dans la petite ville néo-zélandaise d’Oamaru, qu’elle appelle « my kingdom by the sea », repère ultime et idéal littéraire puisque c’est cette vie normale, banale, que Janet Frame veut mettre dans ses oeuvres. On y lit son enfance, les animaux adoptés, noyés, l’école, la découverte de la poésie et la certitude, toute jeune, qu’elle deviendrait poète. Les années se succèdent, dans une misère ambiante, mais l’amour est bien présent, malgré les difficultés. Un frère épileptique, une soeur aînée qui se noie à la suite d’un problème au coeur, et des années plus tard, une deuxième soeur qui périt exactement de la même façon.

Janet, à la suite d’une dépression, se fait interner. Le diagnostique est sans appel: elle souffre de schizophrénie. Pourtant, elle n’y croit pas. Elle lit beaucoup sur le sujet, en feint les symptômes, puisqu’enfin, la maladie l’aide à s’identifier, à être quelque chose de défini. Plusieurs années après, quelques jours avant une lobotomie, une prix littéraire décerné à son recueil The Lagoon la sauve de l’hôpital psychiatrique. À l’aide d’une bourse, elle part plusieurs années en Europe; en Angleterre, aux Canaries, en Andorre. Elle y découvre la liberté, de vivre, d’écrire. L’amour aussi, et puis la certitude qu’elle ne doit rien faire d’autre qu’écrire, toujours écrire.

L’autobiographie de Janet Frame est une ode à la liberté, qu’elle a tant désirée et si farouchement défendue, tant sa vie toute entière en dépendait. C’est une vie de solitude, à l’autre bout du monde, au milieu de l’Océan Pacifique, à écrire inlassablement. L’oeuvre a été adaptée en film par Jane Campion, dont je ne suis pas très très fan, mais je pense que je ne vais pas tarder à me la procurer malgré tout, histoire de prolonger un peu le plaisir de cette magnifique lecture…

(Titre français: Un Ange à ma Table)

Roman lu dans le cadre du challenge Littérature du Commonwealth.

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Une réflexion sur “An Angel at my Table – Janet Frame (1982-1984)

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