Dreamboat Dad – Alan Duff (2008)

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Dans une petite ville très touristique de Nouvelle-Zélande, Waiwera, connue pour son activité géothermale délirante et ses sources chaudes qui font le bonheur des locaux comme des touristes, Mark, un jeune adolescent, vit une vie plus ou moins paisible.

Surnommé Yank depuis son enfance, Mark est en fait le fruit des amours fugaces et secrets de sa mère, une magnifique Maorie dont la beauté est admirée de tous, et d’un soldat américain en garnison en Nouvelle-Zélande pendant la Seconde Guerre Mondiale. Au retour du front, le mari de Lena trouve cet enfant illégitime, à qui il n’adressera jamais la parole. Mais Mark est un enfant heureux. Adulé par sa mère, intelligent, ambitieux, Mark veut devenir musicien et surtout, nourrit une admiration sans bornes pour ce père inconnu qu’il imagine comme John Wayne, ou encore comme Elvis, son idole.

Lorsqu’un jour Lena reçoit une lettre de Jess, son ancien amant, elle n’en revient pas, et décide de lui annoncer l’existence de ce fils qu’il n’a jamais connu. Une relation épistolaire s’installe alors entre le père et le fils, occasionnellement ponctuée d’envois de vinyls de jazz, que Jess apprécie particulièrement et souhaite faire découvrir à son fils. Ponctuée aussi d’envois d’argent, qui poussent Mark à croire que son père est véritablement un « vrai américain », beau, charismatique, et riche.

Sa surprise est totale le jour où Lena lui montre une photographie de son père…et où Mark découvre que Jess n’est pas blanc, mais noir.

Dreamboat Dad est une belle histoire sur la construction identitaire d’un jeune Maori qui ignore tout d’une partie de ses origines et découvre qu’elles sont bien plus complexe qu’il ne l’aurait pensé. Car la ségrégation faire rage aux Etats-Unis après la Seconde Guerre Mondiale, les lynchages sont courants, le Ku Klux Klan terrorise les états du sud. Un voyage dans le Mississippi va faire découvrir à Mark l’horreur du quotidien de son père, de même que les choses qui le lient à la culture noire américaine. De bar en bar, de concert de jazz en concert de jazz, Mark s’immerge dans la culture musicale afro-américaine et comprend enfin d’où il vient, et ce qu’il est.

Jusqu’au jour où une altercation avec des membres du Klan transforme ces heureuses retrouvailles en fin tragique…

Il s’agit du troisième roman que je lis d’Alan Duff en quelques mois (après Once Were Warriors et What becomes of the Broken Hearted?), et encore une fois, je suis totalement séduite par la subtile façon dont il aborde les questions d’identité chez les Maoris. Couplée aux questions identitaires noires-américaines aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, ceci en fait un roman assurément fort et poignant. Trois autres romans de Duff m’attendent sagement dans ma bibliothèque, je ne devrais pas trop tarder à vous en parler…

Roman lu dans le cadre du challenge Littérature du Commonwealth.

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Une réflexion sur “Dreamboat Dad – Alan Duff (2008)

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