The Lord of the Rings – J.R.R. Tolkien (1954-55)

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Je n’aurais jamais imaginé lire un jour The Lord of the Rings.

Je suis loin d’être un fan du genre, et pourtant, j’ai grandi entourée de fantasy. Mon père (ce grand ado fan de Star Wars) était, quand j’étais enfant, un grand lecteur de la série Conan, un fan de jeux de rôles, et Dieu seul sait le nombre d’heures que j’ai passées avec lui à lire « Les livres dont vous êtes le héros » (mais si, ces livres de jeux d’aventures qui nécessitaient un dé et vous embarquaient dans des histoires de gobelins, d’orques et de magiciens!). Pourtant moi aussi avide de Conan petite, je crois que l’adolescence à eu vite fait de reléguer tout cela au rang des « trucs ringards » que faisait mon père. Tolkien également, d’autant qu’il a lu absolument toute son oeuvre (appendices compris, vous voyez le genre) et ne tarit pas d’éloges à son sujet.

Bref, il aura donc fallu l’excitation néo-zélandaise autour de la sortie du Hobbit pour que je me décide. Après tout, j’avais vu et aimé les films, et j’étais curieuse d’entrer dans le cercle très fermé de « ceux qui ont lu Le Seigneur des Anneaux« .

Et puis, The Lord of the Rings, ce n’est pas que des hobbits, des elfes, et des nains, c’est aussi un projet absolument spectaculaire mené à bien par un professeur de philologie anglaise, qui l’aura accaparé pendant presque toute sa vie! Car sans être une grande lectrice de fantasy, je suis quand même médusée par le talents de certains auteurs à imaginer et à bâtir des univers fantastiques qui soient crédibles au point de devenir pour certains lecteurs, une véritable religion. C’est d’autant plus vrai pour Tolkien, qui a commencé par inventer des langues (celle des elfes, des nains…) avec une grammaire complexe, du vocabulaire, un alphabet, avant de les mettre en scène dans son roman.

D’autre part, et si la critique a souvent reproché à Tolkien d’avoir crée des personnages sans aucune épaisseur psychologique, il est intéressant de se pencher sur les inspirations de l’auteur: le poème épique anglo-saxon Beowulf, ainsi que les sagas nordiques et germaniques, les légendes celtiques, le mythe arthurien. Point de psychologie dans les récits à visée allégorique! Et le poète britannique W.H. Auden disait même au sujet de The Lord of the Rings qu’il le considérait comme un véritable chef d’oeuvre, qui dépassait parfois le talent du Paradise Lost de Milton. Ca ne peut donc pas être une lecture complètement vaine…

(bon par contre: c’est long!)