Vingt-quatre heures de la vie d’une femme – Stefan Zweig (1927)

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Ado, j’avais été soufflée par Le Joueur d’Echecs, du même auteur. Du coup, j’en attendais beaucoup de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, qui passe souvent également pour être un petit chef-d’oeuvre. Peut-être était-ce la brièveté du roman, peut-être était-ce son côté un peu daté, peut-être ai-je trouvé que cette écriture masculine rendait mal le récit d’une expérience féminine…je n’ai pas été emportée par ce court roman.

Lors de vacances sur la Côte d’Azur, dans une pension où des aristocrates se côtoient, le scandale éclate: une femme a soudainement disparu et quitté son mari, pour suivre un jeune homme inconnu rencontré une journée auparavant. Opposé à tous les bien-pensants, le narrateur est le seul à prendre la défense de cette femme. Après tout, il est des événements dans la vie qui justifient de quitter tout ce à quoi on a cru, et la passion en fait partie.

Ce faisant, il attire l’attention de la doyenne du petit groupe de vacanciers, qui le somme mystérieusement de venir la retrouver, le soir-même, dans sa chambre, afin de lui faire part de quelque chose qu’elle n’a jamais livré à quiconque…

Elle lui confie alors le récit de 24h déterminantes dans sa vie de veuve, alors qu’elle était en tous points une femme rangée et respectable. Désireuse de soulager sa conscience, elle retrace sa furtive rencontre avec un jeune homme, croisé dans un casino, où elle est comme happée par la fièvre qui semble animer le jeune joueur. Fébrile, presque en transe, il joue ses derniers biens, tentant de se refaire, et bien évidemment, perd tout. Elle observe ses mains, toutes au jeu, de même que son esprit, et est fascinée, envoûtée par le combat qui se livre dans l’esprit et dans le corps de ce jeune homme. Elle décide de le suivre, convaincue qu’ainsi dépouillé, il va tenter de mettre fin à ses jours. Après une nuit aussi chaste qu’intense passée dans un petit hôtel à tenter de sauver la vie de ce jeune homme, elle le quitte au petit matin, non sans lui donner de l’argent pour lui permettre de rentrer chez lui le jour-même.

Et cette femme, qui jusqu’ici n’avait rien d’autre que souhaité aider cet homme en perdition, se rend compte de la passion qui l’anime. Une passion irrationnelle, puissante, brûlante, un besoin impérieux d’être près de cet homme qui n’a aucune autre raison de vivre qu’elle. De peu, elle rate de train qui devait le ramener vers les siens, et de désespoir, se rend au casino où avait eu lieu leur rencontre, afin d’essayer de retrouver, au moins un peu, sa présence.

C’est lui, en chair et en os, qu’elle retrouve assis à une table de jeu, jouant les quelques billets qui devaient lui permettre de rentrer chez lui. Et lorsqu’elle tente de le ramener à la raison, l’impensable se produit: il la couvre d’injure et la somme de partir, car elle lui porte malchance. Abasourdie, blessée, humiliée, le coeur brisé, la narratrice renonce à cet homme, et quitte le pays…

Ce roman avait tout pour me plaire, et à en reparler ici, je me rends compte à quel point il est bouleversant. Mais finalement, je crois que c’est le personnage masculin qui m’a le plus interpellée, et sur lequel j’aurais aimé en apprendre davantage…