Le Prince de la Brume – Carlos Ruiz Zafon (1993)

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Le deuxième et dernier ouvrage dans la liste des « romans chipés à ma mère » est donc le premier ouvrage écrit par Carlos Ruiz Zafon en 1993, traduit en français en 2011 seulement. Destiné à un public jeune, l’auteur explique dans sa préface qu’il a écrit un roman jeunesse que les adultes sauraient aussi apprécier. Ce qui est vrai. Mais surtout, il explique avoir écrit un roman qu’il aurait, lui, adoré lire quand il était jeune. Et l’enfant en nous opine du chef avec ferveur, tant ce court roman est prenant et bien mené.

Max, ses deux soeurs Alicia et Irina, et leurs parents, fuient la ville pour s’installer quelque part dans la campagne anglaise. Nous sommes en 1943, la guerre bat son plein et le chef de famille préfère mettre sa famille à l’abri. Il a pour cela dégoté une vieille maison au bord de la plage, qui malgré son histoire sordide (la maison a été bâtie par un couple dont le jeune enfant est mort noyé dans des circonstances assez floues) semble promettre de belles années à toute la famille. Depuis, la maison est inhabitée, et Max et ses soeurs ne vont pas tarder à se rendre compte que les murs semblent encore porter l’empreinte funeste de la mort du petit Jacob…Une rencontre avec un jeune garçon de son âge, Roland, va apprendre à Max bien des choses sur cette maison, et sur un certain Prince de la Brume qui ne semble pas étranger au décès supposé accidentel du jeune enfant. Reste à savoir comment il est relié à tout cela, à l’épave de l’Orpheus échouée dans la baie, aux horloges de la ville qui semblent remonter le temps, à l’accident grave qui plonge Irina dans le coma, et surtout, à l’effrayant jardin de la maison, peuplé de statues de clowns qui semblent changer constamment de position…(des clowns, il n’en fallait pas plus pour me filer la frousse!).

On tourne avec avidité les pages, tant on est pressé d’éclaircir ce sombre mystère qui promet beaucoup et ne déçoit pas. On retrouve tous les éléments excitants de la littérature jeune « à l’ancienne » de type Club des Cinq: des enfants livrés à eux-mêmes, des goûters ou petits-déjeuners gourmands dévorés avec avidité, des explorations toutes plus palpitantes les unes que les autres, de longs trajets à vélo dans la campagne.

Mais contrairement à bien des livres pour jeunes, la fin est loin d’être heureuse, et réserve une part de tragique que, lorsque je me rappelle de mes attentes de jeune lectrice, je regrettais amèrement de ne pas trouver. Car dans Le Prince de la Brume, quelqu’un doit y laisser la vie.

Reste encore à savoir qui.