Elles se rendent pas compte – Boris Vian (1950)

photo-19

Boris Vian et moi, on a jamais vraiment réussi à s’apprivoiser. J’irai cracher sur vos tombes, L’écume des jours…sont autant de rendez-vous manqués. Ici encore, si je ne suis pas restée totalement de marbre, je ne peux pourtant pas dire que je me suis régalée. Je crois avant tout qu’il s’agit d’une question de langue. Le français borderline argot des années 50 est quand même tout ce qu’il y a de plus daté (« les souris », pour parler des filles?!), et je ne lui trouve pas grand charme. Du coup, vous avouerez que ça rend la lecture un peu pénible.

Heureusement, le roman était très court et bien rythmé, puisqu’il s’agissait d’un polar (encore un fait exceptionnel en ce qui me concerne). Francis Deacon, un jeune homme originaire de Washington dont le père a fait fortune pendant la Prohibition, est un habitué des soirées mondaines où l’alcool et la drogue coulent à flots. Lorsqu’il surprend l’une de ses meilleures amies, Gaya, en train de se faire des shoots de morphine, il décide de l’avoir à l’oeil. Mais lorsque celle-ci lui annonce qu’elle compte épouser son dealer, Richard Walcott, Francis décide de tirer tout cela au clair, et subtilise l’argent que Gaya comptait donner à son futur époux.

Car Richard est un homosexuel notoire, frère de la séduisante et redoutable Louise Walcott, elle-même à la tête d’un gang composé de seules femmes. Hors de question de laisser Gaya frayer avec ce monde là. Déguisé en femme et à l’aide de son frère Ritchie, Francis s’embarque alors dans une course poursuite haletante, ponctuée de rencontres sensuelles et sexuelles, avant l’affrontement final avec la belle Louise.

Deux cent pages d’humour noir et de situations cocasses, en compagnie d’un narrateur quelque peu timbré.