La Morte Amoureuse – Théophile Gautier (1836)

tg

Un petit détour par le récit misogyne du dix-neuvième siècle avec deux nouvelles de Théophile Gautier, que je pense, par ailleurs, n’avoir jamais lu avant ce jour…

Dans La Morte Amoureuse comme dans Une Nuit de Cléopâtre (les éditeurs se sont un peu emballés avec leur sous-titre au pluriel: il n’y a en tout et pour tout que deux nouvelles dans ce petit livre…), on retrouve l’image de la femme comme prédatrice infernale, à moitié succube, à moitié sorcière, qui se nourrit des hommes et plus spécifiquement de leur souffrance et de leur mort. Dans ces deux nouvelles très fortement gothiques, la femme est un suppôt de Satan, qui se fait tentatrice et cause la perte du sexe masculin.

La Morte Amoureuse relate la tentation que subit un jeune prêtre fraîchement ordonné, après avoir croisé le regard de cette sublime et troublante jeune fille qui, un beau jour, semble sans raison jeter son dévolu sur lui. Les mises en gardes de son supérieur n’y feront rien: Clarimonde a beau être un revenant, plusieurs fois morte et ressuscitée, le jeune prêtre n’en a que faire. Clarimonde l’a ensorcelé, et l’emmène en rêve dans des palais vénitiens où a lieu la plus grande, et la plus sublime débauche…

Dans Une nuit de Cléopâtre (que j’ai préférée, parce que je la trouve bien plus perverse), une Cléopâtre désoeuvrée et alanguie se plaint, constamment, de s’ennuyer mortellement. A force de tout avoir, on ne sait plus que désirer…Jusqu’au jour où un jeune homme, un anonyme, a le culot de lui avouer son amour, et de l’épier dans son bain. Le prenant au mot, Cléopâtre accepte de l’aimer. Une soirée. Pendant une soirée, elle sera sienne, et elle lui fera vivre toute l’intensité d’une vie en quelques heures seulement. Avant, de l’exécuter, froidement, avec le plus grand détachement du monde…

Un bon petit moment « fantastique », même si, il faut bien l’avouer, le style exagérément descriptif de Gautier a tout de même mal vieilli…

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